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Apprendre à vivre avec la douleur

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À mon avis, nous devrions réapprendre à supporter d’avoir un peu mal sans déclencher le plan Orsec à chaque fois ! Il faut accepter que la douleur fasse partie de notre vie d’être humain. Pour les maux articulaires (genoux, épaules) ou les maux de dos, parmi les plus fréquents, mieux vaudrait commencer par des approches douces telles que l’acupuncture ou la thalassothérapie, plutôt que par des injections de cortisone (cause majeure d’infection) ou de morphine. Une grande partie des souffrances peut être apaisée sans agent chimique. Si l’hypnose peut remplacer les antalgiques ou les anesthésiques, si l’homéopathie et l’aromathérapie peuvent se substituer aux antidépresseurs, c’est tant mieux ! Si cela convient aux patients, mieux vaut privilégier ces approches naturelles moins dangereuses que les médicaments.

Douleur

C’est la même chose pour les accouchements. Dans certaines maternités, on est arrivé à un point de médicalisation tel que la péridurale et la césarienne sont pratiquement devenues systématiques. Certaines femmes font cependant aujourd’hui le choix d’accoucher à la maison sans traitement contre la douleur. Les gens retrouvent un peu de bon sens. Naturellement, je ne peux pas connaître la souffrance liée à l’enfantement mais je vois bien qu’une semaine après, elle est oubliée. Ce n’est donc peut-être pas la peine de prendre le risque d’une méningite ou d’autres effets secondaires des molécules chimiques si la douleur reste tolérable.

Bien entendu, si certaines personnes ne supportent pas la douleur ou si celle-ci se prolonge trop longtemps, le recours aux traitements de confort est bénéfique, mais cela ne doit pas devenir systématique. Là encore, il semble nécessaire de hiérarchiser les risques. Est-il justifié de prendre le risque d’un accident médicamenteux ou d’une infection microbienne pour calmer une douleur ? J’ai vu une petite fille souffrant d’un mal de gorge (une angine) recevoir une perfusion de morphine ! Ce n’est pas anodin de vouloir supprimer la souffrance à tout prix avec des stratégies agressives. Je ne méprise pas les douleurs des autres, j’en ai connu comme tout le monde. Mais si elles sont supportables et de durée raisonnable, on devrait être capable de les endurer un minimum sans s’abreuver de médicaments, après tout on n’en meurt pas !

Douleur d’estomac

L’intolérance à la douleur est devenue déraisonnable. Je ne sais pas comment cette évolution s’est produite. Dans mon jeune âge, on disait encore aux garçons qu’ils n’avaient pas le droit de pleurer, probablement pour les préparer à la guerre, parce que tous les hommes des précédentes générations y avaient été envoyés. Puis, cela n’a plus été le cas. Au contraire, il est aujourd’hui de plus en plus commun d’entendre les parents s’apitoyer sur leurs enfants au moindre petit bobo. La résistance à la douleur n’est plus enseignée aux jeunes générations. J’ignore néanmoins si ce changement dans l’éducation a une influence sur notre rapport actuel à la souffrance.

Pendant longtemps, les hommes ont pensé que les femmes étaient plus fragiles et moins résistantes à la douleur. Et de leur côté les femmes trouvaient les hommes beaucoup plus douillets qu’elles. Ces différences entre les sexes ont alimenté beaucoup de discussions. Il y a dix ans, une étude a finalement conclu qu’hommes et femmes avaient tous les deux raison. Les hommes seraient en réalité moins sensibles que les femmes aux douleurs de l’appareil locomoteur mais davantage aux douleurs viscérales. Des explications physiologiques pour ces différences de perception de la douleur ont été ensuite avancées. Les règles mensuelles des femmes les accoutumeraient peut-être aux maux de ventre et cela les préparerait aussi à l’accouchement. À l’inverse, les hommes, en général plus brutaux, auraient plus de risques de se blesser et de souffrir de contusions. C’est un résultat intéressant. Souvent, dans un couple, l’homme et la femme se moquent l’un de l’autre en se reprochant d’être trop douillets, mais en fait ils ne parlent pas des mêmes douleurs.


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