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Le tabagisme passif : LA CIGARETTE ÉLECTRONIQUE

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La réglementation sur le tabagisme passif est une autre illustration d’un abus du principe de précaution. Cela découle aussi d’un usage exagéré de la notion de seuil. De fait, tout comme pour l’amiante, il est difficile d’affirmer à partir de quel niveau d’exposition au tabac (nombre de cigarettes consommées sur combien d’années) le risque de cancer du poumon devient significatif. Cela varie en fonction des individus, tous n’ayant pas le même patrimoine génétique ni le même environnement.

C’est à partir de ce constat que la notion de tabagisme passif − le fait qu’un non-fumeur inhale à son insu de la fumée de cigarette contenant des agents cancérigènes − a vu le jour. Toutefois, il est excessif de comparer le risque de tabagisme passif induit par un fumeur sur une terrasse de café à celui, bien plus important, causé par un proche s’il fume tous les jours dans une pièce commune. Certains hygiénistes sont montés au créneau en voulant interdire les fumeurs en terrasse, mais ce n’est pas raisonnable ! La même hystérie s’est emparée de ceux qui craignent les conséquences de traces infimes de produits chimiques, comme les pesticides, dans les aliments.

Les interdictions comportementales ont des limites. On peut interdire la consommation de tabac dans les lieux publics mais pas dans les habitations privées, et on ne va pas aller jusqu’à interdire de fumer dans la rue comme dans certaines villes américaines !

Bien entendu, une autre solution consisterait à interdire le tabac lui-même mais personne n’a osé le faire jusqu’à présent. Il y a toujours eu une ambiguïté des États avec les drogues. De fait, la taxe sur le tabac est une source de revenus considérables pour eux. Dès le XIXe siècle, l’opium était vendu et taxé par les Britanniques. Les drogues enrichissent les États, c’est un mécanisme économique.

Cigarette électronique

La cigarette électronique est, elle aussi, menacée par le principe de précaution. Certains s’inquiètent des risques éventuels associés à ce substitut du tabac et prônent une réduction de son usage. Mais c’est absurde ! La vraie question est de savoir si ces vaporisateurs sont utiles ou non dans la lutte contre le tabac qui est le véritable ennemi.

Or les fumeurs ont été les premiers, avant les scientifiques, à comprendre que ces vaporisateurs étaient bons pour eux. Dans mon laboratoire, de gros fumeurs (trois paquets par jour) ont arrêté de fumer du jour au lendemain en passant à la cigarette électronique ! D’où le succès immédiat de ce vaporisateur qui grignote de plus en plus les parts de marché de l’industrie du tabac.

Toutes les études publiées vont dans le même sens, affirmant que ces substituts électroniques aident les fumeurs à réduire leur consommation de tabac. Cela s’est traduit par une baisse spectaculaire de la vente du tabac en France : 12 % en deux ans ! Les autres solutions de sevrage tabagique marchent moins bien.

Tabagisme passif : quels dangers?

Je suis impitoyable avec le tabac − la deuxième cause de mortalité en France (par cancer du poumon) −, c’est pourquoi je défends l’usage de ce substitut électronique. Mieux vaut lutter contre un danger existant plutôt que de s’empêcher d’utiliser des armes potentielles au nom de risques hypothétiques. Quand on fait la guerre, il faut avoir des alliés. La cigarette électronique est une technologie récente qui présente peut-être des risques inconnus mais elle ne sera jamais aussi nocive que le tabac.

Paradoxalement, les tenants du principe de précaution n’avaient pas prévu que des enfants puissent avaler les flacons de liquide des cigarettes électroniques (contenant de la nicotine), et plusieurs cas d’accident ont été rapportés. Il n’est pas possible de tout prédire. Il sera bien entendu nécessaire d’observer et de surveiller les éventuels effets néfastes des vaporisateurs, à l’avenir. On peut certes continuer de rechercher ses éventuels inconvénients, mais supprimer la cigarette électronique serait un non-sens.


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