La grippe aviaire H5N1 a entraîné une psychose extraordinaire dans le monde entier. Tout le monde craignait l’apparition d’une nouvelle pandémie mondiale qui tuerait des millions de personnes, à l’instar de la grippe espagnole au début du XXe siècle. C’était toutefois une vision erronée qui ne s’est jamais réalisée puisque la maladie n’a jamais été transmissible chez l’Homme.
Cette peur apocalyptique a été véhiculée à tort par des scientifiques hyperspécialisés qui souffraient d’une représentation biaisée, et par des prédictions folles colportées par la presse. Les décideurs n’ont pas su modérer leur discours et leur stratégie quand la science a apporté de nouvelles données rassurantes. L’hybris, cette démesure qui rend fou, s’est emparée de toute la société, provoquant une panique injustifiée dans la population. Tout le monde avait perdu la raison !
Quelques années plus tard, le délire s’est répété avec la gestion aberrante de la grippe H1N1 associée à des dépenses colossales et des millions de doses de vaccins, encore une fois pour rien. Il faudrait cesser de vouloir tout comprendre et tout prédire, car ce n’est pas possible ! Même pour des choses simples et connues comme la grippe hivernale, les scientifiques sont incapables de connaître à l’avance la nature de chaque épidémie.
Face à ces incertitudes, la vigilance demeure la seule solution. S’il est légitime d’avoir peur des épidémies, il est insensé d’effrayer tout le monde avec des risques virtuels. D’ailleurs cela a conduit à une défiance de la population envers les institutions et une baisse paradoxale du taux de vaccination contre la grippe saisonnière en France, ce qui est déplorable.
En revanche, nos pays développés devraient mieux se préparer à affronter les maladies contagieuses. La très mauvaise gestion des rares patients infectés par Ebola hors d’Afrique, en Espagne et aux États-Unis, a en effet mis au jour de graves lacunes de nos systèmes de santé.

